Il existe une photo de moi enfant, plongé dans une lecture fougueuse mais appliquée du journal L'Équipe. À l'époque, le MHSC touchait déjà le fond, et mes mains étaient trop petites pour tenir le journal en entier, en témoignent les pages délicatement posées sur le canapé en cuir de mes grands-parents. La photo est floue et mal cadrée, et c'est pourtant celle que je voulais voir à côté de ce texte, parce qu'elle explique mieux que je ne saurais le faire pourquoi j'ai toujours voulu créer The Take.
J'ai grandi en changeant de pays tous les trois ans. Pendant longtemps, L'Équipe, Canal+ ou RMC ont été mes seuls rendez-vous réguliers avec la France. Mais chaque nouveau pays avait aussi ses propres sports, ses rivalités, et je n'ai jamais trouvé de manière plus agréable d'apprendre à le connaître que de m'intéresser à ce qui passionnait ses habitants le week-end. Puis YouTube est arrivé. Je n'avais plus besoin d'attendre le journal pour voir les buts du week-end, et j'ai découvert plus tard des émissions qui parlaient de sport comme on en parle entre amis. C'est en les écoutant que j'ai eu envie, moi aussi, de donner mon avis.
The Take est donc un média d'opinion. Chaque article défend une position marquée, que nous écrivons noir sur blanc dès les premières lignes. Nous vous donnons ensuite les faits qui nous ont conduits à cette take, pour que vous puissiez vous faire un avis et, le cas échéant, nous contredire en connaissance de cause.
Je crois également que le sport est une culture et pas seulement un spectacle. Il a ses dynasties, ses scandales, ses procès et ses joueurs qu'on aime détester. Vous trouverez donc chez The Take aussi bien des enquêtes sur les affaires qui marquent le sport que des pronostics plus légers, et assumés comme subjectifs, sur un sport ou une personnalité.
L'enfant de la photo lisait les résultats pour se sentir chez lui, quel que soit le pays où il habitait. The Take est né de la même envie : partager le sport avec des gens qui l'aiment autant que moi, et en discuter avec eux, surtout quand nous ne sommes pas d'accord.
Merci d'être là pour ce premier numéro, et bienvenue chez vous.
Hugo Fargeas, fondateur